Du contre-transfert au désir de l’analyste

Séminaire proposé par Albert Maître

Les applications de la science montrent ce qui caractérise sa méthode : réduire le cas particulier à un élément d’une série universalisable et donc équivalent à tout autre cas de la série. Si la pratique de la psychanalyse relevait de l’application d’une technique, ce qui confirmerait son appartenance à la science, alors nous pourrions généraliser le déroulement de la cure de tel ou tel type de symptôme. Si cet espoir a pu animer l’idéal scientiste de Freud, à ses débuts, il s’est vite rendu compte que la pratique de la psychanalyse ne relevait pas du sériel mais du singulier et que ceci se manifestait selon les modalités du transfert et du contre transfert. De plus ces notions, qui auraient pu être réduites à des « impuretés » de la pratique, si on file la métaphore chirurgicale chère à Freud, se révélaient au contraire le terrain sur lequel se jouaient l’orientation et la finalité de la cure. Au point que l’école anglaise fût amenée à privilégier le contre-transfert comme guide de l’interprétation. On se souvient que Lacan en fît une critique, soulignant qu’ainsi le discours de l’analysant pouvait être méconnu si l’analyste ne se fiait qu’aux affects induits par ce discours. Il y opposa la notion du désir de l’analyste comme agent de l’orientation psychanalytique, notion qui a connu plusieurs formulations tout en gardant une part d’énigme ce qui nous amène aujourd’hui à reprendre cette question.

Mais nos questions nous viennent aussi du discours circulant dans le social et cette notion du désir de l’analyste est d’autant plus sollicitée que la pratique des analystes aujourd’hui peut de moins en moins s’appuyer sur le « cadre de la cure-type » du fait que l’analyse et l’investissement qu’elle demande ont tendance à être inaudibles dans un monde où l’objet semble être à disposition par un simple clic.

L’analyste est donc amené à inventer sans cesse sa pratique dans la diversité des demandes et il est conduit souvent à se demander si celle-ci relève encore de la psychanalyse dans la mesure où son cadre est souvent flou, en tout cas, n’est plus celui de la cure-type. Il s’avère donc que, finalement, l’orientation analytique de notre pratique, aujourd’hui, repose plus que jamais sur le désir de l’analyste. Raison suffisante de le faire exister par nos échanges.

 

Le séminaire aura lieu les lundis 19 novembre, 17 décembre 2018,

21 janvier, 18 mars, 20 mai 2019, à 21 heures au salon Puy de la Clinique du Grésivaudan à La Tronche 38700

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