A la poursuite… des séminaires !

Groupe de travail avec Martine Jeanmart, Sara Moulin, Béatrice Nogues, Cécile Paganelli.

Une résurgence de mon passé d’interne qui permet d’introduire l’un des thèmes de ce séminaire XI de Lacan sur la distinction entre l’œil et le regard : la réflexion d’un patient psychotique qui m’avait alors glacée: parlant de son ex-femme qui avait les yeux bleus comme moi, il s’était exclamé en me fixant « 40 ans pour de la gélatine ! ». N’est-ce pas une façon d’appréhender ce que peut être le réel de l’œil quand il n’est plus articulé à l’Autre, et qu’il en exclut le regard ? L’œil obture ainsi le champ du désir et provoque l’angoisse. Lacan s’attache à différencier l’œil du regard en introduisant sa réflexion par un passage du livre de Sartre « L’Être et le Néant » : « En tant que je suis sous le regard, je ne vois plus l’œil qui me regarde, et si je vois l’œil, c’est alors le regard qui disparaît. » Il n’y a d’ailleurs pas besoin d’une paire d’yeux pour qu’un froissement de branche, un bruit de pas me laisse imaginer quelqu’un qui me regarde. Ainsi le regard peut être tout autant révélé par un son.

Lacan articule alors ce regard rencontré et non vu comme « un regard par moi imaginé au champ de l’Autre », qu’il relie à l’Autre du fantasme.

Il parle alors de pulsion scopique, et « ce que cherche à voir le voyeur, nous dit Valerie Pera-Guillot, dans son article sur le regard et ses dérivés, ce n’est pas le phallus mais ce qui voile le manque et permet de continuer à y croire » .

Au niveau de la dimension scopique se retrouve la même fonction de l’objet a (où le sujet vient à choir) qui vaut comme symbole du manque. Mais nous ne sommes plus au niveau de la demande comme au niveau oral ou anal, mais au niveau du désir, du désir de l’Autre. Ainsi la pulsion scopique est celle qui élude le plus complètement le terme de castration.

Lacan s’intéresse ensuite au tableau qu’il caractérise comme piège à regard et soulève la question de l’apparence. Dans l’apparence on donne quelque chose à voir, de manière consciente et inconsciente, ce sont des leurres. Il ne faut pas voir seulement la représentation du tableau. Il donne quelque chose en pâture à l’œil mais il invite celui auquel le tableau est présenté à déposer là son regard, à déposer les armes …

« D’une façon générale, le rapport du regard à ce que l’on peut voir est un rapport de leurre. Le sujet se présente comme autre qu’il n’est, et « ce qu’on lui donne à voir n’est pas ce qu’il veut voir »  nous dit Lacan.

Nous terminerons en ce début d’automne le séminaire sur les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse de Lacan.
Nous poursuivrons ensuite nos lectures soit avec un autre séminaire de Lacan à définir, soit avec un autre texte de psychanalyste. Nous renseignerons notre choix sur le site du GEPG dès qu’il sera fait.

Notre groupe est ouvert à d’éventuels nouveaux participants.

Le 4ème lundi du mois
A partir du 27 septembre
A Grenoble
Pour tout renseignement et/ou inscription, s’adresser à
martine.jeanmart @ gepg.org


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