Angoisse de mort et pulsion de vie

Séminaire proposé par Isabelle Carré

Nous entendons avec une certaine récurrence, dans cette période troublée, une lutte contre tout ce qui entrave notre liberté et une tentative d’effacer l’angoisse de mort.
Dans cette urgence de vivre, le sujet veut être délesté de ses symptômes comme de toute contrainte, sans effort.
Narcissiquement, la liberté se perd-elle lorsque notre propre plaisir jouissif est empêché? Pourtant, il est bien des souffrances intérieures, des jouissances, qui révèlent leur pouvoir de destruction et d’entrave. Le peintre Bergotte nous sert de révélateur. Dans « A la recherche du temps perdu », il s’aperçoit que pour plaire et avoir un quotidien facile, il a passé sa vie à atténuer, échapper à l’effort ou la douleur qui a été nécessaire à Vermeer pour peindre un petit pan de mur jaune de la vue de Delphes. Ce pan de mur jaune qui d’ailleurs fascine tant Bergotte …

Comme lui, ne nous employons-nous pas inconsciemment à ne pas entendre nos failles, nos manquements et nos névroses, en nous tenant à l’écart de toute remise en question trop coûteuse ou douloureuse?
Dans son livre « La supplication,Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse », Svetlana Aleksievitch écrit : « notre histoire est faite de souffrance. La souffrance est notre abri. Notre culte.. Elle nous hypnotise. »
Ou encore : « La parole est entre l’homme et son âme. »
Nous convoquerons certains aspects de la parole en analyse comme outil de décryptage de cette « fascination pour le mal », mais de quel mal s’agit-il?
A l’époque de la punchline et des joutes oratoires, nous verrons comment l’analyse nous laisse en héritage une parole subjective qui échappe au discours, et révèle une issue libératrice, salvatrice.

Nous prendrons comme illustration pour débuter un extrait du documentaire « Nos inquiétudes » de Judith du Pasquier et du film « Denise on the phone », de Hal Salween, qui, en 1995, décrit en précurseur les déboires de sept new-yorkais célibataires, débordés, en télétravail, qui ne vivent que par et à travers leur téléphone – avec fil – , se confient, se dévoilent, se séduisent, toujours par téléphone.

Nous nous retrouverons le mardi 6 octobre à 20h30.
Pour toute information, vous pouvez contacter Isabelle Carré: isabelle.carre@gepg.org

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