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L’angoisse face aux changements, vacillement des certitudes au regard de la psychanalyse

Séminaire de l’I-AEP organisé par Analyse Freudienne

Nous assistons, avec la pandémie, à une mise en cause de la place du discours scientifique, en tout cas, de la place de certitude que ce discours avait eue jusqu’alors.

En effet, chacun y est allé de son avis, ou encore a fait appel au bon sens, et les contradictions n’ont pas manqué, plutôt que d’invoquer ce qui faisait trou dans la connaissance en matière de nouveau virus.

Mais avoir un « avis » n’apporte en aucun cas la garantie de la justesse ou de la fausseté d’un énoncé scientifique, pas plus d’ailleurs que prétendre au bon sens dont la science n’a que faire et encore moins de la bureaucratie des apparences …

Quelles en sont les conséquences sur ce que Lacan a introduit à propos du sujet dans le lien social ?

Rappelons que ce lien se repère dans la façon dont les quatre discours tournent les uns par rapport aux autres.

Évidemment, la place particulière du discours de la science au sein des Quatre discours implique que si celui-ci vacille ; c’est alors la place de la vérité qui est remise en question, laissant ainsi la place à toutes les options religieuses pour le remplacer.

Il y a donc confusion entre la recherche d’un côté, qui procède par contradictions, et la science de l’autre, supposée apporter quelques certitudes que les scientifiques ne peuvent apporter à la hâte.

Par ailleurs, mais dans le même mouvement, on ne peut plus s‘appuyer sur la différence des sexes et ce qu’elle garantissait, puisque la différenciation avec la théorie du genre est venue la mettre en question.

Un second vacillement est donc survenu et a ébranlé ce bel édifice, qui avait fait fonctionner la famille bourgeoise jusqu’alors, dépliant ainsi le réel d’une façon bien différente.

En effet, « trans » et « drag queen » contribuent à déconstruire peu à peu nos identités sexuées jusqu’à laisser émerger aujourd’hui de nouvelles questions chez les enfants, notamment chez ceux qui réclament un changement de sexe.

Comment ne pas entendre l’angoisse que ces différents changements sur nos fondamentaux apportent, jusqu’à hisser le terme d’angoisse à son statut social ?

Nous sommes en effet à l’aube d’un grand bouleversement dont les conséquences sur nos certitudes sont encore peu perceptibles ; pourtant, comment envisager ces éléments à partir d’une psychanalyse qui ne se satisferait plus du semblant ?

Juillet 2022 à Séville