Etats limites, situations limites : quelles questions pour la psychanalyse ?
Journée d’étude
Cette journée viendra conclure le travail effectué durant trois ans sur ces thèmes par un groupe de collègues. Temps ultime d’un dispositif fécond, elle constitue pour certains un passage à la fois à l’écrit et au public.
De plus amples informations seront données prochainement.
Intervenants :
- Françoise Guillaumard,
- Sandra Hueber,
- Benjamin Abdessadok,
- Albert Maitre,
- Michel Lehmann.
Comité d’organisation :
- Françoise Guillaumard,
- Michel Lehmann
Samedi 28 novembre 2026
Au Centre Théologique de Meylan
15 chemin de la Carronnerie, 38240 Meylan
Psychose : de la théorie à la pratique. Cerveau et psychisme
Séminaire proposé par Isabelle Carré
La psychose reste un terme qui effraie socialement. Les sujets psychosés sont souvent stigmatisés, encore associés aux signifiants « fou » ou « aliéné », des termes aux significations pourtant multiples.
Deux versants de prise en charge restent aujourd’hui très opposés.
D’un côté, les théories neuroscientifiques étudient le cerveau. Elles ont mis en évidence une dysrégulation de la dopamine, le modèle neurobiologique le plus connu, ainsi qu’une synchronisation défaillante entre l’hippocampe et le cortex préfrontal, zones qui gèrent notamment la mémoire et l’imagination. S’y ajoutent des facteurs de vulnérabilité neurodéveloppementale face au stress ou à l’inflammation, ce qui nécessite une prise en charge médicamenteuse suivie. Ces découvertes ont considérablement amélioré la vie et la prise en charge des personnes qui souffrent, loin de l’époque asilaire des enfermements et des traitements abusifs.
De l’autre, la prise en charge psychothérapique s’intéresse au psychisme, à la vie relationnelle, à des causalités plus vastes que le seul déterminisme et surtout à la relation thérapeutique, le soignant acceptant d’être quelqu’un pour le patient, à long terme, acceptant qu’il y ait rencontre durable.
Traiter les symptômes de façon médicale ne dispense pas de chercher à comprendre ce que cette expérience douloureuse signifie pour le sujet, ni de l’accompagner dans ce cheminement. Mais dans une psychiatrie en crise, les suivis de secteur et de psychothérapie institutionnelle tendent à se dégrader irrémédiablement, malgré tout le désir des soignants. Des services sans psychiatres sont de moins en moins rares. Certains Centres d’aide par le travail se retrouvent sans psychiatre, sans psychologue, sans éducateur, sans infirmière.
Le paradoxe est frappant entre les avancées scientifiques d’un côté, et le désert d’offre de soins de l’autre.
En outre, les méthodes psychoéducatives actuelles, utiles et efficaces selon les études, aident certes à comprendre, à « éduquer ». Mais elles s’appuient souvent sur des schémas et des explications rationnelles et standardisées, qui laissent peu de place à la part intime du vécu et aux expériences de jouissance. Elles ne peuvent échapper à un savoir constitué, qui recouvre la singularité du sujet dans ce qu’elle a pourtant d’irréductible. Ce sont des savoirs qui peuvent manquer le sujet.
Quels lieux restent-ils aux personnes souffrant de psychose pour être écoutées et entendues, jusque dans leurs différences et leur créativité ?
Nous explorerons ces questions par le biais de la littérature et de textes théoriques. Nous commencerons par le roman Le Roitelet de Jean-François Beauchemin. Nous découvrirons Schizogrammes d’Emmanuel Venet, qui évoque avec humour la folie douce des institutions psychiatriques, puis Une mauvaise rencontre de Philippe Grimbert, et D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan. Le film L’Enfer de Claude Chabrol servira également de support à l’étude de la jalousie morbide.
Le 1er mardi du mois à 20h
A partir du mardi 6 octobre 2026
A La Tronche, 45 chemin des grenouilles
Pour y participer, vous pouvez vous mettre en contact avec Isabelle Carré
Le Séminaire du GEPG 2026-2027
Le séminaire mensuel constitue un temps institutionnel où s’élaborent les incidences de la pratique sur la théorie et celles du lien social dans notre association. Si les discussions et lectures des textes aboutissent à des propositions de collaboration avec d’autres psychanalystes ou auteurs, c’est surtout du déplacement lié à la parole échangée dans ce dispositif que sont attendus des effets de transmission et d’enseignement.
Incidences de l’actuel sur la pratique analytique
La psychanalyse s’est inventée à partir d’une clinique socio-historiquement située, à savoir celle des symptômes névrotiques comme manières de mettre en question la fonction paternelle et donc de pointer l’enjeu d’une tension croissante entre la tradition et les bouleversements scientifiques, techniques et économiques du XIXème siècle.
Il fallait, en quelque sorte, que la cote de la science eut monté, de sorte que le symptôme cesse d’être une affaire religieuse, au point de croiser celle des humanités, pour qu’émerge ce geste consistant à lire dans les formes de la vie psychique la dépendance du sujet à des déterminations inconscientes. Restait à formaliser les aspects fondamentaux d’un cadre de la pratique analytique, projet qui aboutira au modèle de la cure type.
Un siècle a passé et le moins que l’on puisse dire est que la clinique n’est plus ce qu’elle était. La prévalence des dépressions, des addictions et des passages à l’acte, avec tous les chamboulements qu’elle implique, s’agissant du rapport à l’objet et à la parole, brouille les repères de la pratique analytique. Le transfert peut ainsi connaître des intermittences
surprenantes et la demande s’apparenter à une commande, alors que la concurrence se fait rude sur le marché de la « santé mentale ».
La psychanalyse peut-elle alors devenir obsolète ?
Certainement pas par disparition de la souffrance psychique, à en juger par la détresse et l’errance de nombre de nos contemporains, dont beaucoup de jeunes. On voit mal, également, comment penser l’expérience humaine en dehors de cette matière première de l’analyse qu’est la parole. La structure du sujet ou la fonction de l’analyste, enfin, ne cessent d’être formalisés comme des universaux dans une large part de la littérature analytique.
Les psychanalystes n’en sont pas moins interpellés avec insistance par le décalage entre ce qui s’était institué comme cadre de leur pratique et les conditions actuelles de leur pratique. Il s’agira cette année de savoir comment ils se débrouillent avec ça, voire mieux : ce qu’ils pourraient en apprendre.
Le 2ème mardi du mois (hors vacances scolaires) à 20h30
A partir du 8 septembre 2026
Au café associatif La chimère citoyenne, 12 rue Voltaire, 38000 Grenoble
Pour tout renseignement, s’adresser à secretariat@gepg.org
Le Séminaire du GEPG 2025-2026
Le séminaire mensuel constitue un temps institutionnel où s’élaborent les incidences de la pratique sur la théorie et celles du lien social dans notre association. Si les discussions et lectures des textes aboutissent à des propositions de collaboration avec d’autres psychanalystes ou auteurs, c’est surtout du déplacement lié à la parole échangée dans ce dispositif que sont attendus des effets de transmission et d’enseignement.
En savoir plusLe fantasme et l’inconscient
Séminaire proposé par Isabelle Carré
F. Nietzsche, dans Par-delà le bien et le mal, écrit : « Une pensée ne vient que quand elle veut, et non pas quand moi je le veux. »
Nietzsche a évoqué très tôt une forme d’inconscient, une vie intérieure qui conditionne notre façon d’être, Il déploie la métaphore de la partie immergée de l’iceberg, la partie émergée représentant la conscience.
Nous continuerons cette année d’explorer la place de l’inconscient dans la philosophie et dans la littérature. Nous nous intéresserons au fantasme, à ses expressions notamment dans la formation des symptômes. Le fantasme a presque inauguré l’élaboration de la théorie psychanalytique, au moment où Freud abandonne la question du trauma comme systématique, ne limitant pas la névrose à un trauma réel.
En savoir plusL’acte analytique et la question du changement
Séminaire proposé par Albert Maître
La psychanalyse est issue d’une tentative de compréhension des effets observés de la suggestion et de la catharsis sur le symptôme. Dans ce contexte, où toute nouvelle méthode de soins devait faire état de ses effets thérapeutiques, elle s’affirmait comme une psychothérapie. Mais Freud eût très tôt d’autres visées, la psychanalyse devait être une méthode d’exploration et de connaissance de l’appareil psychique lesquelles en retour allaient enrichir sa pratique. Ainsi, il apprit que le symptôme ne pouvait être réduit à n’être que le signe d’une maladie puisqu’il avait une fonction de limiter l’angoisse et qu’il exprimait un désir refoulé. Dès lors, une visée thérapeutique immédiate s’avérait subordonnée à la levée du refoulement comme effet de l’association libre et de l’interprétation.
En savoir plusTransfert et psychose
Séminaire proposé par Daniel Augrain
Ce séminaire permettra de partager nos repères et des exemples cliniques dans nos rencontres avec les psychosés, qui nous sollicitent en autant de modalités de « l’impossible ».
Nous nous étayerons sur les élaborations de prédécesseurs et d’écrivains en 6 séminaires :
- Lacan et Jean Allouch pour le rapport entre délire et langage.
- Françoise Dolto, avec son expérience des psychosés et de leur famille, sa lecture de l’originaire et son approche de l’image du corps.
- Jean Oury, avec son expérience institutionnelle, pour aborder les psychosés et les autres, en deux faces de l’aliénation.
- Entre Kafka et Winnicott, pour aborder le négativisme et la honte, -se sentir exclu ou se positionner comme- ; vis-à-vis de l’ennui, vécu ou suscité, que pourrait être une approche ludique ?
- Marguerite Duras dans Lol V. Stein nous offrira un appoint pour aborder l’amour chez les psychosés.
- Nous soutiendrons quelques considérations entre psychose et conflits psychiques actuels.
Nous nous retrouverons à mon cabinet (tant que nous serons peu nombreux).
En savoir plusLa psychanalyse doit-elle être en phase avec son époque ?
Séminaire proposé par Isabelle Carré
C’est par cette question étrange que nous entamerons le séminaire. Elle nécessitera que nous définissions ce que nous entendons par la psychanalyse : une pratique singulière, une affaire privée, intime, une théorie en mouvement, pratiquée par des analystes citoyens, qui ne peuvent rester indifférents, comme citoyens, face aux pertes des droits des femmes aux USA, face aux violences barbares de la guerre en Ukraine et face à l’actualité mondiale en général.
Notre pratique particulière est, de fait, ouverte sur le quotidien comme sur le social, mais elle ne peut généraliser ou prétendre à l’universel. Enfin, les analystes sont-ils légitimes pour prendre position sur des faits de société en émettant des vérités recouvertes de théories appliquées, sans prendre le risque de faire débat d’opinions ?
En savoir plusAspects et destins de la culpabilité en psychanalyse
Séminaire proposé par Albert Maître
Parmi les obstacles les plus difficiles à résoudre dans le déroulement d’une analyse, Freud avait relevé l’insistance « d’un sentiment inconscient de culpabilité » qui était à l’origine d’une « réaction thérapeutique négative ». Il ramena cette conjoncture au sadisme que le Surmoi exerce sur le moi.
Cette culpabilité n’est pas propre à la situation analytique puisque celle-ci est présente dans notre culture comme en témoigne la notion de péché dans les religions du Livre. C’est dire que nous avons affaire à une problématique structurelle en deçà de ces représentations anthropomorphiques et divines, lesquelles relèvent de l’imaginaire.
Cette structure est celle du langage et plus précisément de son incidence sur le vivant qui substitue le désir au besoin. Nous aurons donc à questionner la fameuse assertion de Lacan dans son séminaire sur l’Éthique de la psychanalyse (p. 368) : « la seule chose dont on puisse être coupable, au moins dans la perspective analytique, c’est d’avoir cédé sur son désir. »
En savoir plusL’acte analytique et la diversité des pratiques de l’analyste.
Séminaire proposé par Albert Maître
La psychanalyse est issue d’une tentative de compréhension des effets observés de la suggestion et de la catharsis sur le symptôme. Dans ce contexte, où toute nouvelle méthode de soins devait faire état de ses effets thérapeutiques, elle s’affirmait comme une psychothérapie. Mais Freud eût très tôt d’autres visées, la psychanalyse devait être une méthode d’exploration et de connaissance de l’appareil psychique lesquelles en retour allaient enrichir sa pratique. Ainsi, il apprit que le symptôme ne pouvait être réduit à n’être que le signe d’une maladie puisqu’il avait une fonction de limiter l’angoisse et qu’il exprimait un désir refoulé. Dès lors, une visée thérapeutique immédiate s’avérait subordonnée à la levée du refoulement comme effet de l’association libre et de l’interprétation.
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