Quelle place pour le sujet dans la pratique psychanalytique?

Séminaire proposée par Isabelle Carré

Le terme sujet a entraîné des méfiances en psychanalyse, surtout chez S. Freud, du fait de ses résonances philosophiques, du côté de la conscience et de la rationalité. Il est un terme pourtant central et nous nous emploierons à explorer ses origines et ses implications dans la clinique actuelle, sur le plan théorique et pratique.
Quelle relation pouvons-nous établir entre le sujet de l’inconscient, en prise avec des pulsions et ses fantasmes, et le sujet désirant, ou encore le sujet barré et divisé chez J. Lacan? Quelle place a-t-il dans une société de plus en plus individualiste où se prône pourtant l’accomplissement de soi ? La subjectivation qui consiste à se réaliser en tant que sujet rejoint-elle ces notions ? Ou encore, qu’est ce qui fait d’un être un sujet sexué?
Notre société positionne l’individu de manière centrale et contradictoire dans une certaine idéologie à se réaliser, tout en le niant dans ce qu’il est. Les demandes d’arrêt de travail pour burn-out sont récurrentes, la sensation de perte de sens, d’être pris de vitesse, d’avoir de moins en moins de temps, de se perdre, revient comme un leitmotiv et conduit certains à des passages à l’acte.
Il semble nécessaire et paradoxal d’être dans le cadre, tout en étant original, en sortant du commun, dans des injonctions contradictoires : privilégier son bien-être et progresser en se dépassant, en se déplaçant, en tirant le meilleur partie de nous-mêmes. Ici, est-ce l’individu, produit de la société économique libérale, capable de créer de la valeur marchande, l’ego de l’ego-psychology ou le sujet qui est en jeu?
La notion de sujet reste donc très incertaine et se confronte à l’exigence d’être soi, elle pose une infinité de questions et nous débuterons par un extrait du dernier livre de Florian Henckel von Donnersmarck, « l’oeuvre sans auteur », puis un passage du livre d’Eva Illouz, « Pourquoi l’amour fait mal? » .

Le séminaire débutera le quatrième mardi de septembre, le mardi 24 septembre 2019 à 20h30

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