La force de vivre

Séminaire proposé par Isabelle Carré

Les écrivains qui racontent des situations d’épreuves, de drames personnels ou historiques témoignent des capacités différentes à éprouver, traverser des situations de souffrance, de déstabilisation ou de confrontation à la mort.
Le nombre croissant de demandes de consultations des jeunes générations depuis mars 2020 m’a interrogée, en écho lointain, dans cette période inconnue de perte des repères habituels. Comment se confrontaient-ils au réel ? De quelle manière la parole circulait et tentait d’inventer ou se paralysait dans des positions de défiance, de déni, de repli phobique, de conflits, d’opposition. Le nombre d’étudiants qui ont abandonné leurs cours à la faculté est vertigineux, comme les situations d’angoisse et de panique, de conduites de résignation ou de révolte également, de rechute dans des addictions aux produits ou aux écrans.
Qu’est-ce que la psychanalyse peut apporter dans de telles situations où la vie semble perdre son sens, son rythme, dans ces moments de confrontation à l’indicible, l’inconnu, avec des périodes de face à face brutal et glaçant avec soi-même ?
Comment un travail d’écoute et de parole nous aide à penser le monde dans sa dimension tout à la fois absurde, aléatoire et tragique, et laisse s’exprimer une capacité de création, d’invention, d’improvisation, de résilience ? Parce que la résilience, pour Boris Cyrulnik, « ce n’est pas seulement résister, c’est apprendre à vivre ».
Nietzsche a développé le concept de l’amor fati, ou amour du destin, qui est une tentative d’appréhender cette force de vie, au-delà de toute transcendance religieuse et dans l’imminence la plus totale. C’est aimer le réel tel qu’il est, dans son caractère incertain, et dans une acceptation non passive, vers une pensée qui garde un horizon, ne cède pas au vertige du nihilisme, et laisse la capacité d’encore désirer. Nous confronterons sa philosophie à des textes plus contemporains.

Nous travaillerons d’abord sur un roman : Aké, les années d’enfance, de Wole Soyinka.
Puis nous enchaînerons avec le livre IV du Gai savoir de Friedrich Nietzsche, et nous échangerons autour de quelques films : Un héros de Ashgar Farhadi, The Gravedigger’s wife de Khadar Ayderus Ahmed, Une histoire d’amour et de désir de Leila Bouzid, et Face à la mer ainsi que Waves 98 d’Ely Dagher.

Le 1er mardi du mois à 20h30
A partir du 5 octobre 2021
A La Tronche 45 chemin des grenouilles
Pour tout renseignement s’adresser à
Isabelle.carre @ gepg.org

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