A propos de la présentation, selon un dispositif de témoignage indirect, du travail du Cartel intitulé « Le Réel s’avance et s’avère masqué ».
Le cartel était constitué de trois membres de l’association Psychanalyse Actuelle : Catherine Guillaume, Aline Mizrahi et Eugène Perla.
Lors de la constitution de ce groupe de travail, chacun(e)avait amené une direction : Catherine et moi-même, de façon différente, la figure du double et Aline Mizrahi son ouvrage, celui écrit par Hélène Cixous, « Si près ». Très rapidement, ce qu’Aline en disait, son désir noué à celui de Cixous, ce « Si près », trop près, qui la faisait parler, qui s’adressait à notre désir d’analyste et nous convoquait à écouter et entendre, me fit surgir l’idée de proposer au cartel qui l’accepta un travail selon la procédure indirecte.
L’écrit ci-après a vu le jour parce que son auteur y a été invité par les organisateurs du séminaire et qu’il s’est senti convoqué.
En effet, d’une part, mon désir était motivé par la survenue éventuelle de signifiants de l’inconscient et, d’autre part, il fallait soutenir un possible d’une transmission orale de la psychanalyse en extension pour le public de l’Inter-Associatif Européen de Psychanalyse. La question pouvait s’énoncer de la façon suivante pour une assemblée : comment faire surgir un dire sans réponse, des signifiants, rendant compte de la mise au travail psychanalytique de l’inconscient ? La transmission directe risquait d’obturer cette question. L’hypothèse était que peut-être quelque chose pourrait s’échapper d’un savoir psychanalytique toujours trop constitué sur l’inconscient, ferait surprise et participerait à un dire signifiant sur le Réel, objet de notre Séminaire.
Aline Mizrahi dans un premier temps nous fit part de sa lecture de « Si près ». Le deuxième temps consistait à transmettre au public ce que nous entendions, Catherine Guillaume et moi-même. Les retours de parole du public constitueraient le troisième temps. Je n’eu pas de texte constitué pour mon intervention. Des difficultés techniques empêchèrent une intervention à distance de Catherine Guillaume. Aline ne fut évidemment prévenue en aucune façon de ce que j’allais dire.
Les retours du public me renvoyèrent non sans surprise à la Passe.
Le témoignage indirect est constitutif de la Passe.
Il dit quelque chose du désir de l’analyste et relève selon moi de l’acte analytique.
Nous étions, Catherine et moi, en position d’une fonction de passeur, à entendre quelque chose d’Aline Mizrahi, psychanalyste, lectrice de « « Si près », en position de passante.
A ce titre-là, chez celui qui occupe la position de passeur, le je, « Le trait contrebande » (Lacan), s’efface. Cette mise entre parenthèse du je laisse passer un savoir inconscient. Chaque temps de la procédure indirecte est investi par le désir de l’analyste. Celui-ci permet l’acte analytique.
Le témoignage indirect apparaît comme un opérateur de la transmission psychanalytique en extension et on peut supposer qu’elle n’est pas sans effet sur celle en intension.
Eugène Perla