Séminaire du GEPG 2025-2026

Le séminaire du GEPG qui se déroule cette année pourrait s’intituler Littérature et psychanalyse. Au-delà des œuvres singulières que nous commentons, il nous invite aussi à examiner la manière dont les analystes peuvent trouver dans leurs lectures des idées pour penser leurs pratiques.

Partons de la remarque de Freud selon laquelle l’artiste précède le psychanalyste et à ce titre pourrait l’inspirer. En fait, les psychanalystes se sont plutôt appuyés sur des œuvres littéraires ou des mythes pour étayer leurs théories que Freud dans son article sur les constructions n’hésitait pas à les comparer à une activité délirante. Ce n’était pas seulement une boutade, mais la prise en compte de la nature de nos interprétations qui reviennent souvent à proposer, dans le meilleur des cas, un sens à l’insistance du réel telle qu’elle se manifeste par le symptôme, l’angoisse et les passages à l’acte. Ainsi tout se passant comme si l’écrit, qui précède ou pas la venue de la psychanalyse dans notre culture attestait, parce que venant d’un autre champ, la véracité de nos théories. Par exemple, les théories sur l’organisation de la sexualité infantile se voyaient confortées par l’Œdipe de Sophocle.

Ce rapprochement et cette caution sont-ils entièrement satisfaisants ? Ne saisissent-elles pas qu’une partie de la problématique ?

En effet, nous pouvons considérer un roman comme une fiction s’apparentant à la fonction du mythe lequel a pour effet de donner un sens au réel de l’impossible du rapport sexuel qui se présente le plus souvent sous l’aspect de l’impuissance. Ce n’est pas pour autant édulcorer la fonction du mythe dans le social dont nous constatons, dans ce qui fait notre actualité, qu’il assure la cohésion groupale mais aussi avec ses déviations violentes lorsqu’il est imposé comme la seule interprétation du réel.

Il nous faut faire un pas de plus ou de coté  en examinant si notre rapport à la littérature ne gagnerait pas à cesser d’y trouver des vérifications mais, au contraire de l’inspiration pour répondre à l’actualité de la pratique des psychanalystes et à la manière dont se présente la souffrance subjective à un moment de l’histoire ou d’une part l’objet consommable et les prothèses peuvent laisser croire à l’inanité de la parole et d’autre part où une « intelligence artificielle » prétendrait apporter d’un simple clic la résolution des demandes d’un sujet. Cette orientation de prise en compte de l’actuel était déjà présente l’an dernier quand nous avons, à partir d’écrits, discuté du phénomène trans.

Mais, quelle que soit la problématique clinique, la question qui se pose à l’analyste est celle de son acte et c’est là où la littérature peut contribuer à notre séminaire si nous nous interrogeons sur ce qui fait acte dans un roman ou tout autre écrit. Acte à entendre au sens d’un déplacement permettant une levée ou une modification de la répétition.

Albert Maitre

Septembre : Samuel Beckett, Molloy
Octobre : Witold Gombrowitcz, Cosmos
Décembre : Adèle Yon, Mon vrai nom est Elisabeth
Janvier : An-Ski, Le Dibbouk
Février : Luigi Pirandello, Comme tu me veux
Mars : Roland Topor / Roman Polanski, Le locataire