Rapport : Réflexions sur le séminaire « Arts, Réel, Psychanalyse »

Séminaire organisé par le GEPG à Grenoble.

Reportage dimanche 4/6.

Avez-vous déjà observé un « artiste équilibriste » ? Par exemple, quelqu’un qui se tient en équilibre avec une planche posée sur un rouleau sur une table ? Ou quelqu’un qui monte un escalier sur de hautes échasses avec une pyramide de verres chargée sur un plateau, sur un bâton posé sur le menton ? Ou d’autres pitreries de cirque spectaculaires ?

Au lendemain des interventions de samedi, j’étais presque certain qu’il me faudrait faire une comparaison justifiée entre un « artiste de l’équilibre » et un psychanalyste.

J’essaie de convaincre le lecteur de cette affirmation dans les dix « commandements » suivants.

L’influence du covid.

Force est de constater que les mesures prises face à la pandémie ont eu un impact sur les échanges de l’I-AEP. Zoom et d’autres ‘fora’ ont fait leur entrée et sont devenus indispensables. L’avantage est qu’il n’est plus nécessaire de chercher des partenaires dans un petit cercle pour aborder un sujet psychanalytique précis. On peut entrer en contact avec d’autres, même s’ils se trouvent à l’étranger et donc impossibles à visiter – par exemple sur une base mensuelle.

Mais ce mode de collaboration a aussi des conséquences sur la manière dont se déroulent les séminaires. Cette méthode de travail garantit également un large afflux d’interventions. En conséquence, l’ordre du jour devient si chargé que la castration menace : soit les interventions elles-mêmes sont supprimées, soit les éventuelles questions, discussions et associations sont ensuite supprimées. Il devient même parfois difficile de s’accommoder des silences, des hésitations, des reformulations persistantes. Or, nous savons par notre pratique que l’inconscient se révèle souvent chez un patient, ne sommes-nous pas obligés en tant que psychanalystes de lui accorder plus de place dans nos échanges mutuels ?

Il semble clair qu’il faut rechercher un équilibre entre une préparation qui permet un approfondissement du sujet, mais qui ne conduit pas à un discours universitaire dans lequel l’érudition sur le sujet ferme l’ouverture brute du réel. D’un autre côté, il faut aussi faire attention à ne pas tomber dans des commentaires superficiels lors de discussions confuses qui, rétrospectivement, n’ont aucun sens. C’est un équilibre entre le discours universitaire et le discours psychanalytique.

Le réel de la sexualité

Il est un aspect du réel pour lequel les psychanalystes doivent avoir un grand respect

: le domaine de la sexualité. Déjà à l’époque de Freud, c’était un nec plus ultra pour la psychanalyse, car la sexualité était alors un sujet tabou, un sujet de pruderie, un sujet qui résistait au dévoilement. Ne pas donner de place à ce domaine n’était « pas fait » pour les premiers psychanalystes. Avec Lacan nous avons pu lui donner une forme nouvelle : « Il n’y pas de rapport sexuel ». Diverses interventions se sont portées sur cela.

Mais que signifie ce « Il n’y pas de rapport sexuel » sur le réel dans la cure, dans les réflexions sur l’art, dans les échanges entre psychanalystes ? Car l’affirmation de Lacan est certes intéressante, mais il faut lui donner un sens et lui donner un nouveau dynamisme, sinon elle deviendra – comme on l’appelle en néerlandais – une mise à mort. En d’autres termes, la chose réelle découverte et exposée est à ce moment-là à nouveau enfermée dans un véritable bloc, une pierre qui revient toujours à la même place.

Quelques interventions et questions amusantes semblaient entretenir le problème : les mentions sur Hélène Cixiou, les questions au sujet du « cartel des femmes » ou le « cartel des hommes ». Mais une explication ou un échange amusant ne pose pas la question de ‘ l’au-delà’ du savoir, un type de savoir que la psychanalyse comme recherche éthique de l’insaisissable du réel met en avant comme son grand intérêt et qui est une recherche plutôt qu’une décision fermée. Nous donnons certainement place à l’opportunité d’un « moment de conclusion », mais cela ne doit pas toujours être la conséquence. L’ouverture d’esprit est également une bonne qualité.

Il faut donc continuer à chercher un équilibre entre un savoir qui bloque – dans une explication sérieuse ou dans une allusion drôle, ou autre chose – et une question qui laisse une ouverture comme « Est-ce grave docteur ? ». Oui, c’est sérieux, mais pas au point de ne pas en rire.

Est-ce que le réel est une confrontation ?

On peut certainement ressentir le malaise dans diverses expressions artistiques : Bacon et sa dissection viscérale des intestins, Basquiat et l’agression avec autodestruction, Kodo et ses cadavres de musée de cire en décomposition, Abramovic et l’autotorture, Nitsch et les scènes sanglantes d’orgie-sacrifice, et ainsi de suite. Des expériences traumatisantes en tant qu’amateur d’art, qui semblent indiquer que l’homme peut devenir déséquilibré lorsqu’il est confronté à sa structure physique, qui à ce moment se révèle dans son « étrangeté ». De nombreuses interventions du samedi ont également souligné qu’il ne s’agit pas de décrire l’expérience traumatique, mais aussi de «ne pas pouvoir la nommer » (ou de la nommer mal). Se souvient-on de l’histoire de la dame dont les pères et leur statut étaient inaccessibles ? Se souvient-on du fragment de film où une fille dit « Je veux faire ça

» lors d’une fécondation in vitro – mais veut-elle dire « Je veux être technicienne de laboratoire » ou veut-elle dire « Je veux être mère » ? Ou les inquiétudes d’un cartel sur la différence entre « lalange » et la langue maternelle et comment « l’absurde » et le « non-sens » s’y instaurent. C’est quelque chose qui n’indique pas un événement traumatisant, mais indique le dégonflage d’une chambre à air d’une roue qui veut dynamiquement nous faire avancer.

En fait, c’est la répétition que Freud a également vécue lorsqu’il a découvert que les histoires traumatisantes d’avancées sexuelles n’étaient pas seulement basées sur des événements du passé, mais avaient aussi beaucoup à voir avec les fantasmes fabriqués que les patients entretenaient avec appréciation.

Et voilà, un autre exercice d’équilibre. Comment pouvons-nous continuer à prêter attention à ce qui s’est passé – des abus sexuels peuvent survenir – sans pour autant oublier le traitement de ces événements par le langage. Certaines expériences traumatisantes sont cultivées par des autorités comme ‘l’aide pour des victimes’, alors que la

« victime » n’en veut pas en garder le souvenir et en est satisfaite. Comment équilibrer dans une pratique de psychanalyste une réalité parfois crue et à d’autres moments révélateurs d’un fantasme intrusif ? Cela n’a pas beaucoup d’importance pour l’essence d’un traitement – là où la parole doit se développer, mais pour la manière dont ce double problème est abordé

– du moins je pense – c’est le cas ! Il y a quelque chose de différent dans la recherche d’une vérité qui a laissé une réalité dans la mémoire (l’événement traumatique et sa réminiscence) que dans la recherche d’une expression de ce qui n’a jamais été mis en mots.

Le rôle de mère, le rôle de père.

Diverses interventions ont tiré parti du pré-langage et ont donc également attiré l’attention sur la relation enfant-mère. N’est-ce pas là que se situe le problème du non-dit, de l’innommable, qui ne pouvait être dit à l’époque, là où les mots ont pu être, mais où le sujet n’a pas encore été entraîné par eux dans l’immersion linguistique ?

Vous cherchez là, un équilibre entre la sensorialité de la mère (et probablement aussi du père) et l’incertitude du signifiant du Père (qui devait être honoré par tous deux) ? Un équilibre entre la réalité d’un lien corporel et la relation symbolique avec un Père ?

Il y a certainement quelque chose à dire en faveur de ce préverbal. Comment ne pas voir que les petits enfants veulent exprimer quelque chose, n’y parviennent pas et sont émotionnellement perturbés par l’incapacité de créer un lien verbal avec les adultes ? Ne remarque-t-on pas que des parents qui ne parlent pas avec espoir à leurs enfants pour tisser un lien avec eux, à quel point ce lien peut être fragile ?

Cela pose la question de l’équilibre qu’il faut rechercher entre le mot (Supposons que l’on prenne Freud comme exemple) et le sensoriel (Supposons que l’on prenne Ferenczi comme référence). Comment pouvons-nous, en tant que psychanalystes, rendre justice aux deux registres dans une cure ? Parce que ni le registre imaginaire-symbolique n’est typiquement psychanalytique, mais la psychanalyse accorde également une attention suffisante au psycho-sensoriel. Comment un psychanalyste individuel se rapporte-t-il à cette dualité ? Une dualité qui fait echo avec un autre lorsque l’on travaille avec des enfants dans sa pratique : celle-ci entre la position de Mère et de Père. Comment devrions-nous équilibrer toutes ces dichotomies ?

Analysant/analyste

L’attention portée – surtout dans certains moments de discussion le samedi – à la manière dont était évaluée l’intervention d’un psychanalyste, était également particulière. Par exemple, lors de ce séminaire même sur le domaine de la prise de parole : les intervenants, ont-ils parlé en leur propre nom, au nom d’un cartel, ont-ils apporté un témoignage indirect à partir des écrits d’autrui ? Si l’on transpose cela au niveau de la guérison : est-ce qu’on pose le mot de la psychanalyse et on parle comme un psychanalyste

« sachant » ou on l’interprète comme un analysant – une position que l’on a prise autrefois et que l’on espère n’a pas oubliée.

Parler à partir d’un supposé savoir reste un exercice d’équilibre difficile. D’une part, les gens savent quelque chose – grâce à la littérature, par expérience, par observation.

Cette dissimulation pourrait être considérée comme un mensonge. Mais d’un autre côté, le traitement subi offre la possibilité d’accéder à la vraie parole: il s’agit d’une communication vrai d’un inconscient à un autre comme stipulait Freud. Et l’équilibre ?

Et où s’arrête le narcissisme dans ces cas-là, n’y a-t-il pas le danger que l’on commence à se concentrer sur son propre nombril, le nombril du remède et dans certains cas le nombril du rêve dans certains cas ? Et où commence la responsabilité de vouloir parvenir à une certaine transformation du psychisme du patient ? Une responsabilité indissociable d’un discours psychanalytique, indissociable d’un savoir structuré dans une science.

Un équilibre est nécessaire entre la connaissance de son individualité et ses propres connaissances. Quel équilibre peut-on trouver ici sans tomber dans le piège soit d’un discours de Maître, soit d’un discours universitaire, mais aussi sans tomber dans l’hystérie ou dans un discours psychanalytique qui se ferme éventuellement hermétiquement à priori à l’autre ?

Psychanalyse appliquée ?

Cela nous amène à une autre dichotomie entre laquelle un psychanalyste peut se perdre : celle de la psychanalyse appliquée versus une psychanalyse qui pose des questions à l’autre à partir de la découverte de l’inconscient.

Parce que Freud a été suffisamment réprimandé par ceux qui critiquaient à son époque ses études sur l’art. Ils ont critiqué quoi ? Il n’avait pas donné tous les détails, il avait trop insisté sur certains éléments – son étude de Léonard en est le meilleur exemple, indiquant qu’il était trop pressé de prouver ses hypothèses. Grâce à de nouveaux aperçus de l’histoire de la vie de Léonard de Vinci, nous en savons bien plus que ce que ce vieux Freud était capable de dire !

Ce que ces critiques perdent de vue, c’est que les articles de Freud sont davantage une réflexion sur une « contribution » que la psychanalyse peut apporter à partir de la structuration par l’inconscient que l’on peut observer dans la création d’une œuvre d’art, plutôt qu’une explication globale de la création de cette œuvre d’art particulière. De nombreuses voix se sont élevées au cours de ce séminaire pour remettre en question la désignation d’une « origine » absolue, et même se demander si certains psychanalystes ne s’aventuraient pas trop loin en fournissant L’EXPLICATION de la création d’une œuvre d’art.

On peut certainement se demander si, en tant que psychanalyste, on a le droit de réduire certaines expressions artistiques (mais aussi des événements sociaux) à la connaissance de manière trop explicative. Il est certes légitime de s’exprimer à ce sujet, mais il est douteux que ce type de psychanalyse « appliquée » apporte une contribution majeure à la position de la psychanalyse au niveau socio-économique. En d’autres termes, la psychanalyse a certes un rôle à jouer dans une dimension politique, c’est son droit, mais l’utiliser comme unique moyen d’explication semble exagéré (et il y a eu aussi des voix en faveur de cette vision lors du séminaire).

Bien entendu, l’importance de la balance qu’il faut utiliser entre les deux poids qui sont en balance demeure : d’une part, un mode explicatif que l’on utilise, et d’autre part, un témoignage que l’on peut utiliser comme sujet (depuis qu’on a suivi un traitement) sur l’inconscient, cela vous donne des idées que les autres ne peuvent pas évoquer (et encore moins vouloir connaître).

L’art et le réel.

L’art a-t-il une manière de montrer la psychanalyse concernant une approche du réel et peut-on raconter une histoire possible à ce sujet ? Il existe un autre équilibre à utiliser si l’on veut parler de l’innommable, de l’invisible, de l’indomptable, de l’inexplicable, du difficile à comprendre. Respectons-nous les frontières que les artistes tentent de façonner à leur manière pour rendre visible quelque chose de l’au-delà, ou essayons-nous de trouver une expression qui transcende le sujet (de l’artiste ou de l’amateur d’art) ?

Il n’est donc pas surprenant que des signifiants aient été inclus tels que « lituraterre», « absence », « trou » et « non-sens », sans oublier le « X », « nombril », « le Un ».

Mais tous ces signifiants posent la question de la communication que l’on peut apporter à l’autre. Existe-t-il une possibilité de transmettre quelque chose, à travers l’art ou à travers la psychanalyse ? Si vous posiez la question à C. Claudel, M. Shelby et d’autres, ils répondraient bien sûr positivement, mais la psychanalyse a-t-elle une réponse ? En tant que sujet ayant suivi une cure (peut-être auprès de plusieurs psychanalystes), cela va de soi !

Mais en tant que communauté de psychanalystes, cela semble plus précaire.

C. Claudel peut faire en sorte que des figures deviennent immanentes à partir d’un piédestal brut (des photos projetées l’ont illustré lors du séminaire), mais un discours psychanalytique peut-il faire de même ?

Le discours de la psychanalyse et le discours du psychanalyste ne sont-ils pas toujours un exercice d’équilibre ? Une relation impossible entre un savoir étrange et un savoir d’une chose étrange que l’on détermine en soi après avoir été en analyse ?

C’est et cela reste un exercice difficile, mais qui a probablement toujours marqué les connaissances dérivées de cette autre scène découverte par Freud. Comme nous l’avons déjà mentionné, cela n’a pas grand-chose à voir avec un événement traumatique, mais avec l’essence du traumatique : ce qui vous envahit soudainement, vous tombe dessus d’un autre côté, bref, le poids de la réalité qu’un artiste peut rendre léger et le psychanalyste peut le décrire comme un « trou », autour duquel nos préoccupations de sujets peuvent se cristalliser comme les anneaux de Saturne. Une métaphore qui met peut-être trop l’accent sur la densité du cristal, alors qu’on sait à travers les Pionniers, les Voyageurs et Cassini que ces anneaux sont perméables.

Le propre langage du monde de l’art.

Il a également été noté à juste titre que l’art a sa propre structure dans le langage. On a par exemple parlé du mot « outrenoir » que Soulage utilise pour désigner le côté noir de son œuvre éclatante (malheureusement, le musée de Grenoble ne possède pas ses œuvres les plus fortes dans sa collection permanente). On s’est également inquiété de la part de ceux qui côtoient un artiste – galeristes, journalistes, amateurs d’art qui sponsorisent certains mouvements grâce à leurs achats, passionnés qui, par amour ou par amour-propre, entretiennent un discours autour d’un artiste. Cela indique qu’un langage propre se développe dans l’approche du réel à travers l’art.

Il s’agit ici d’un double exercice d’équilibriste : à savoir, d’une part, maintenir l’équilibre entre une production linguistique sur ce réel chose et ne pouvoir rien y faire/vouloir/avoir le droit1 de dire et faire la différence entre ce « pouvoir/vouloir/avoir le droit de dire quelque chose » de l’artiste et le discours d’un psychanalyste.

Nous avons déjà mentionné que le discours psychanalytique sur le réel se donne principalement à partir de la position d’analysant, mais nous avons également noté que ce discours ne doit pas conduire à une volonté propre narcissique. Nous voudrions ici souligner l’équilibre qu’il faut trouver entre parler dans un environnement d’amateurs d’art et de psychanalystes qui souhaitent mettre en avant un savoir différent. On a justement constaté samedi que Lacan empruntait à l’anthropologie (Lévy-Strauss), à la linguistique (De Saussure), aux structuralistes (Merleau-Ponty) et aux mathématiques (les figures topologiques) pour parler du réel (d’un mouvement artistique), mais adhère plutôt à un discours scientifique.

Bref, parler du réel à travers l’art – qu’il s’agisse d’amateurs d’art ou de praticiens de la psychanalyse dite appliquée, qui est en soi un exercice d’équilibriste – doit s’équilibrer avec un discours psychanalytique qui observe une distance scientifique.

Mettre le réel à sa place

Il a été évoqué à plusieurs reprises – dans la préparation de ce séminaire et lors des interventions de ce séminaire – qu’en tant que psychanalystes nous devons nous poser des questions sur un nouveau rapport au réel. Le symptôme que nous présentent nos patients n’est plus celui dans lequel Freud commençait à lire la structure de l’inconscient. Dans la littérature récente, on parle d’états limites, symptomatiques qui s’apparentent davantage à une pathologie narcissique, des aliénations qui se succèdent (et où l’on ne nourrit pas l’espoir freudien que le sujet se ressaisisse après une psychanalyse). Il s’agit d’un paysage changeant de l’inconscient où rien d’autre ne peut se présenter comme un nouveau discours psychanalytique. Il est inévitable que cela se traduise par une politique différente de la psychanalyse envers ceux qui en attendent de l’aide ou envers ceux qui ne lui accordent pas de place dans les soins de santé mentale.

Mais existe-t-il des domaines qui peuvent être abordés par la psychanalyse et qui répondent à ce paysage changeant par une pensée innovante ? Un certain nombre de suggestions ont émergé au cours de ce séminaire et méritent d’être mentionnées.

L’avenir de la psychanalyse, par exemple, réside dans une commémoration de la dichotomie Éros/Thanatos. Après tout, ne remarque-t-on pas que le secteur médical promet de plus en plus une vie de plus en plus longue ? Ne remarque-t-on pas que la « mort » soit devient banale (chiffres, graphiques statistiques) soit, dans une sorte de journalisme, prend un caractère hystérique et narcissique (« Qu’ai-je souffert ? J’y ai échappé de peu ! ») ?

Comment la psychanalyse peut-elle donner une nouvelle vie au dernier exercice d’équilibre topologique de Freud (1920) ?

On peut aussi attendre des psychanalystes une réponse au non-sens médical du « genre » : une réponse qui puisse trouver un équilibre entre l’identité imaginaire et un sujet qui dit à juste titre « Je ne me sens pas chez moi dans mon corps, depuis que je suis jeune, à cause de ce que les adultes m’ont fait vivre sexuellement ce que je ne voulais pas ! “ Identité contre identification.

Ce sont des équilibres que l’on peut rechercher dans des domaines particuliers qui devraient certainement intéresser la psychanalyse.

Équilibre ? Quoi ?

Enfin, n’oublions pas de mentionner que « l’artiste équilibriste » n’est pas celui qui parvient à un équilibre fixe, figé, stationnaire. Pour garantir le spectacle à son public, il va vaciller davantage à certains moments, on l’avoue volontiers. Un psychanalyste n’est certainement pas obligé de suivre cela. Mais l’essentiel est qu’il faut être capable de continuer à avancer, et non de se tenir dans un certain endroit célèbre et de dire : « Voici la certitude d’une vérité ». Oui, on peut dire la vérité, mais elle se déplace toujours derrière un autre paravane.

Jean Pierre van Eeckhout, juin 23


  1. Nous ajoutons ce dernier mot parce que dans les régimes politiques dictatoriaux, il est d’usage de faire taire le discours artistique ou du moins d’imposer un discours « correct ». ↩︎

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