Quelques réflexions sur Nietzsche

Bonne dimanche à tous, en attendant de nous sentir lundi j’ai écrit quelques réflexions.

Merci à tous par Luciana La Stella

Je remercie ce groupe et l’occasion d’approfondir un thème sur Nietzsche et je propose une petite contribution sur la solitude qui apparaît dans son texte Zarathoustra.

À mon avis, il confine au thème de la grandeur et de la beauté, étant en ce sens une condition de l’homme.

Plus d’un siècle après sa mort, Friedrich Nietzsche nous parle, nous raconte des choses actuelles et vitales, nous oblige à réfléchir. Il nous dit des choses actuelles et vitales car si nous trouvons son courage de penser de manière critique et libre, nous éviterons notre suicide, nous arrêterons la lente agonie de notre civilisation occidentale, de nos conquêtes de la pensée et de la civilisation.

Candide, avec ses combats civils et sa libre pensée, ne peut qu’adopter le courage d’un homme qui flairait le mensonge (« Mon génie est dans mes narines »). Intolérant à toutes sortes de mensonges et d’hypocrisie, il déclenche un séisme contre la religion, la morale, les institutions, les traditions, les croyances indubitables, les dogmes, les vérités révélées. Tremblement de terre dont on ressent encore les ondes de choc bénéfiques.

Nietzsche était un éducateur à la grandeur, le plus grand champion de l’indépendance humaine, un génie psychologique, un intercesseur de la vie et un asserteur de loyauté et de justice envers elle, un Kulturkritiker sulfureux et prophétique à l’éthique très pure, dégagé de toute ombre d’hédonisme et de utilitarisme.

« Les gens envient les grands parce qu’ils les considèrent comme des chouchous de la fortune, comme les laids envient les beaux, et ils n’ont aucun scrupule à leur égard. Mais de terribles lamentations naissent parfois de la vie des grands.

Ceux-ci sont généralement étouffés par la pudeur, mais parfois ils sont criés par trop d’agonie. D’autre part, les grands, tout en souffrant, ne sont pas disposés à échanger leur sort contre le bien-être des gens ordinaires.

Nietzsche supplie le dieu inconnu de le préserver d’un petit bonheur à un grand destin. Goethe, l’heureux, le chanceux, l’olympien, dit que sa vie a été le soulèvement continu d’un rocher qui ne cessait de tomber.

Schopenhauer a damné son âme pour faire passer sa grande philosophie, n’y réussissant que tardivement (« La vie m’a offert des roses blanches ») et Nietzsche dans la vie n’y a pas réussi du tout. Les grands saignent.

Lorsque, poussés par une force irrésistible (la vocation), ils s’engagent sur le chemin solitaire de la grandeur, ils s’engagent aussitôt dans un duel sauvage avec leur moi animal, privé, qui réclame sa satisfaction et ne sait pas et ne veut pas savoir grandeur, c’est-à-dire de vivre pour l’idéal, pour les autres, selon la tendance centripète qui mène vers le centre de l’espèce.

En effet, ceux qui satisfont les besoins de l’espèce (de renforcement et de propagation) ressentis comme des besoins personnels, doivent pour cela exploiter leur base animale, doivent réprimer et opprimer leur moi égoïste, qu’ils ne peuvent cependant pas supprimer, afin de ne pas supprimer si eux- mêmes.

Cet ego personnel, privé, égoïste, plus il est sacrifié et plus sauvagement, sans cesse il tyrannise l’autre pour avoir ses satisfactions. Au point que les grands peuvent, dans les moments de dépression, envier à leur tour les gens ordinaires, qui n’ont à se soucier que d’eux-mêmes.

Le remède le plus courant, pour les adultes, est de se réfugier dans la solitude, où ils sont libres de l’emprise de la vie, de l’incompréhension, de l’incompréhension et du conditionnement des gens ordinaires. Mais la solitude est une privation, une souffrance, car les adultes ne sont pas différents des autres dans leur besoin d’amour, de communion, d’affection, de compréhension, de reconnaissance, de solidarité. (…) »

(Extrait de « Lectures commentées de Ainsi parlait Zarathoustra. Les chants de la solitude »)

GRANDEUR ET SOLITUDE

Être grand, c’est être seul.
Grandeur et solitude
embrassées, idées de vérités sanglantes,
le génie souffre de sa fuite audacieuse.

Irrésistible est la vocation,
sauvage le duel avec l’espèce de l’animal,
lui-même à la place veut mettre avant la procréation.

Mais ce n’est pas, Solitude, un refuge, même sans malentendu.
C’est juste de la souffrance, de la privation, troc et subterfuge acceptés.


La bienheureuse solitude est un leurre,
mais encore la Vérité est une fiction,
outil déjà d’auto-préservation,
philosophie pour masquer les dégâts.

L’oubli, l’insouciance, la distraction,
dignité, liberté rejetée.
Dogmes, croyances, traditions gagnées
viendront-ils un jour de l’illumination?

Luciana La Stella

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