L’œil et la lettre
Les modalités cliniques de la souffrance subjective semblent subir des variations en fonction du temps. C’est du moins ce qui se dégage en première approximation de la lecture des publications médicales, psychanalytiques et des médias en général. Si la fin du siècle dernier fut marquée par l’hystérie, la nôtre semble l’être par les perversions, à tel point que certains pensent devoir en protéger les enfants par une information dispensée dans les écoles. En savoir plus
Contribution au débat sur : « Constructions dans l’analyse » de S. Freud (1937)
CONTRIBUTION AU DÉBAT SUR : « CONSTRUCTIONS DANS L’ANALYSE » de S. FREUD (1937) in Résultats, idées, problèmes, T 2, p. 269.
Dans le premier paragraphe de cet article Freud répond à une critique de l’interprétation en psychanalyse et sur ce qui la fonde en vérité. Il nous rappelle que la visée de travail psychanalytique, soit l’acte analytique, consiste dans la levée du refoulement, au sens large. Plus précisément, les refoulements des débuts du développement pour les remplacer par des réactions correspondant à un état de maturité psychique. Arrêtons nous sur ce terme. Qu’est-ce qu’un état de maturité psychique ? Les refoulements seraient-ils limités à l’enfance ? Ces formulations dénotent une conception développementale du sujet et semblent faire abstraction de sa division structurelle. En savoir plus
L’Insu – Une traversée spirituelle et psychanalytique.
De M. Esperre
Les éditions des crépuscules.
La quatrième de couverture me laissait dubitative, avec un mélange de désir de lire, et une sensation de jugement négatif à priori. Mais il faut se méfier de ses à priori.
« Le point de capiton d’une cure lacanienne, panser ses mots ou penser ses mots, rien n’étant écrit d’avance » … Je craignais un livre un peu laborieux, un peu « obsessionnel », fait des » bondieuseries » d’une « bonne sœur » se penchant sur la théorie lacanienne, s’épargnant la question sexuelle, et s’évitant le réel par la croyance- et autres poncifs conventionnels sur la religion.
Il n’en est rien. En savoir plus
Psychanalyse et (ou) action politique
Depuis déjà quelques décennies les psychanalystes ont relevé une évolution dans la manière dont s’exprime la souffrance des sujets qu’ils reçoivent dans leurs cabinets. Les états d’angoisse, de dépression et d’addictions semblent prévaloir sur la clinique des névroses qui passait pour l’indication élective de la psychanalyse.
Cette clinique actuelle est l’expression d’une difficulté à pouvoir penser l’absence de l’objet et encore plus son deuil. Elle a été imputée, par de nombreux auteurs, aux effets du développement des techno-sciences et à leur production envahissante d’objets réels ou imaginaires. Semble donc se vérifier ce que Freud avait indiqué dans la Massenpsychologie, l’incidence de l’environnement sur la condition du sujet. En savoir plus
Du « traumatisme » aujourd’hui et du malaise dans sa théorie analytique
Intervention proposée lors du séminaire de l’Inter-Associatif Européen de Psychanalyse de Turin en mai 2015 En savoir plus
Du malaise au fétichisme dans la civilisation
Avec la Révolution française (en fait celle de la modernité), Saint-Just avait pu penser que le bonheur était devenu une affaire politique. Ceci impliquait qu’il revenait au pouvoir politique de réaliser, ici bas, le paradis que l’Ancien régime, de nature théologico-politique, avait laissé prudemment, dans l’au-delà. Cette bonne intention d’assurer le bonheur de son prochain a engendré, pour réduire les démentis du réel, des régimes politiques totalitaires et sanguinaires. En savoir plus
Du nom et de sa dissémination dans une narration de Proust
Upon the brimming water among the stones
Are nine-and-fifty swans
William Yeats
And what’s the profit ? Only that, in time,
We half-identify the blind impress
All our behavings bear, may trace it home
Philip Larkin
Je propose, pour notre rencontre, d’évoquer l’unique épisode italien de La Recherche du Temps Perdu. L’intérêt de cet épisode italien vient de ce qu’il perturbe le fil de la narration sans l’enrichir d’aucun événement et marque pourtant ma lecture de l’œuvre de Marcel Proust. En savoir plus
Quelques paradoxes éthiques de la psychanalyse
Intervention proposée lors du séminaire sur « l’éthique de la psychanalyse » de l’Inter-Associatif Européen de Psychanalyse d’octobre 2014 à Paris. En savoir plus
De quoi la « narrativité » est-elle le symptôme ? »
Il convient de préciser que la notion de symptôme, pour le psychanalyste, est à entendre comme « le retour de la vérité comme tel dans la faille d’un savoir » (J. Lacan) (1). Elle se distingue de la conception médicale où le symptôme est conçu comme une anomalie et un écart par rapport à une norme. Ainsi l’apparition de la psychanalyse à la fin du XIXème siècle peut être considérée comme un symptôme exprimant l’impossibilité du discours médical à rendre compte de l’hystérie autrement que par la suggestion ou par la simulation. En savoir plus
A propos du lien social des analystes
La spécificité de la psychanalyse, en tant que praxis traitant du symptôme, repose sur une certaine conception de l’Inconscient, telle que l’ont développée Freud, Lacan et d’autres. Ce qui la caractérise c’est l’irréductible du refoulement (Urverdrängt), soit l’impossible pour la connaissance d’en venir à bout. Ceci rend compte que, malgré la durée de nos analyses, « supervisions », enseignements et autres « formations », le désir de l’analyste demeure encore et toujours tributaire d’une parole adressée transférentiellement à d’autres analystes sous quelque forme que ce soit. Telle est la raison profonde du lien social des analystes, même si la dimension imaginaire d’une reconnaissance mutuelle en constitue le semblant.
L’histoire du mouvement analytique a été marquée par de nombreux conflits et scissions qui peuvent faire douter de la consistance même de ce mot psychanalyse puisque sous ce vocable se rangent théories et pratiques disparates. Chacune, bien entendu ayant la conviction d’être dans la vraie voie. En savoir plus