Des « constructions dans l’analyse » de S. Freud à l’ab-sens de l’autre
Lire, relire Freud. C’est l’invitation qui m’est venue d’adresser aux soignants d’un établissement qui accueillait des adolescents présentant des pathologies caractérisées par la réitération de passages à l’acte suicidaire ou auto-mutilants. Ces passages à l’acte se révèlent avoir un effet résolutoire, mais temporaire, sur l’angoisse, ce qui par effet addictif entretient leur répétition. Ces adolescents répètent faute de se laisser le temps ou de pouvoir se remémorer. Devant la sévérité de ces passages à l’acte, ces soignants m’interrogeaient sur l’opportunité de donner du sens à ces conduites pour tenter d’en rompre la répétition et les risques parfois vitaux. En savoir plus
D’un fétichisme à l’autre
La psychanalyse, plus précisément dans son orientation lacanienne, entend le symptôme comme un fait de langage. Cela revient à dire qu’il obéit dans sa constitution à la logique langagière, tant dans son aspect formel, que par la jouissance inhérente à lalangue. Il représente une manière singulière de faire objection à l’absence du rapport sexuel, tout en répétant cette absence sous la forme d’un empêchement. Sa singularité est relative, puisque la dimension discursive du lien social imprime aussi sa marque sur l’aspect manifeste du symptôme. Ainsi, à certaines époques, l’hystérie a pu être la forme d’expression du conflit psychique, alors qu’en d’autres temps, c’est par la dépression qu’il se manifestait. Il s’agit là de moments où la plainte ne semble audible qu’en s’exprimant avec certains signifiants. Comme si, un certain consensus social s’établissait sur la manière dont pouvait se dire et être entendue une objection à la propension du discours du Maitre à faire univers par la norme qu’il édicte avec ses signifiants-maitres. En savoir plus
Contribution au débat ouvert par la question : « De quelle haine la psychanalyse est-elle le nom ? »
La haine est un affect familier pour le psychanalyste. Elle prend parfois un caractère passionnel qui laisse entendre, quand elle se porte de manière explicite sur un personnage, ce qui est son envers, un amour déçu ou plus exactement indicible. Pourquoi donc nous émouvoir d’une haine dont la psychanalyse, depuis ses débuts, ne cesse pas d’être l’objet ? La ténacité de cette haine ne connote-telle pas, par cet affect, l’insistance du retour du refoulé et que l’inconscient ne cesse pas de travailler le corps social ? Ce qui en soi situe, voire institue, le psychanalyste comme un lieu d’adresse et la haine, telle une dénégation, en témoignerait. En savoir plus
Un temps préliminaire à l’interprétation
Texte paru dans la revue Analyse Freudienne Presse, numéro 20, L’interprétation, son acte et ses effets, 2013, Erès. En savoir plus
A propos de la conviction délirante
Au cours de ces soirées, où nous mettons au travail les questions qui émergent des points de butée de notre pratique, je voudrais aborder un aspect insistant de notre expérience avec les sujets psychosés : la fixité au cours d’une existence de la conviction délirante. Plus exactement le caractère inentamé, une fois établie, d’une formulation délirante, même si son investissement peut être fluctuant dans le temps au point de laisser croire à sa résolution. En savoir plus
L’objet de la psychiatrie
Le débat auquel nous convie J.J. Fuster pourrait se réduire aux avantages et inconvénients des différents systèmes de classifications des affections psychiatriques puisque la notion de troubles de l’humeur introduite par le DSM s’est substituée d’une manière extensive à la psychose maniaco-dépressive de Kraepelin. Il me semble souhaitable de replacer ce débat dans un contexte plus large qui est celui d’un questionnement sur l’objet de la psychiatrie, dans la mesure où celle-ci se situe dans le champ de la science et qu’une discipline n’est consistante que par la définition de son objet. En savoir plus
Quelques remarques, en après-coup, pour en susciter d’autres
L’initiative de reprendre un travail de réflexion sur la Shoah nous est venue de livres qui en parlaient sous une forme romancée. Cette tragédie de l’Histoire n’y était plus évoquée sous la forme de récits, de témoignages ou de travaux d’historiens mais devenait un moyen de figuration pour des fictions romanesques (cf. Les Bienveillantes) ou filmées (le film de Bénigni). On se souvient que cette forme d’expression concernant la mémoire de la Shoah a suscité des controverses, au cours desquelles furent dénoncées une atteinte portée à la mémoire de la réalité subie par les victimes du fait de son usage pour des productions de fictions. Cette objection recevable, ne devait cependant pas nous empêcher de nous questionner sur ce que signifiait cette évolution du discours sur la Shoah. L’hypothèse retenue fut de l’entendre comme un travail de mémoire. Après le temps de la sidération qui suivit la Deuxième Guerre Mondiale, puis celui de la remémoration qui débuta après le procès Eichmann et qui culmina avec le film Shoah de Lanzmann, adviendrait un temps de « métaphorisation » de la dimension traumatique de cette tragédie de l’histoire. En savoir plus
Quelques remarques en guise de réponse impossible à une question :
« Qu’est-ce que la psychanalyse pour nous au sein du GEPG ? »
Il peut paraître étrange que des praticiens exerçant parfois depuis longtemps semblent demeurer encore dans un questionnement sur la nature de leur acte, à tel point qu’il serait légitime de douter de la consistance de leur discipline. Certains y verront les stigmates de la névrose qui les a poussé vers ce métier, d’autres invoqueront un masochisme incurable. Ecartons ces moqueries, c’est une question sérieuse et peut être celle qui atteste, dans la mesure où elle demeure une question, d’une position éthique. En savoir plus
Transmission et folie
Il n’est pas rare que les équipes soignantes et éducatives en psychiatrie soient confrontées à des situations difficiles où la folie d’un ou des deux parents vienne perturber la fonction parentale au point d’entrainer des effets dommageables sur le développement affectif et cognitif de leur enfant.
Parcours et nouage du fantasme
Après-coup du séminaire sur le fantasme juin 2011
Avec Freud, la notion de fantasme, qui jusqu’alors était synonyme d’une production imaginaire détournant le Moi de la réalité, va prendre la consistance d’un dispositif de jouissance ordonnant les relations du sujet à ses objets. Ce pas va lui permettre de déplacer la question de la causalité psychique d’un événement traumatique à la scène fantasmatique. Si le symptôme hystérique est l’expression et une défense contre un fantasme inconscient, il incombe donc en vue d’un dénouement possible d’examiner en quoi un fantasme serait traumatique pour le Moi. En savoir plus