Quelle place pour le sujet dans la pratique psychanalytique?

Séminaire proposée par Isabelle Carré

Le terme sujet a entraîné des méfiances en psychanalyse, surtout chez S. Freud, du fait de ses résonances philosophiques, du côté de la conscience et de la rationalité. Il est un terme pourtant central et nous nous emploierons à explorer ses origines et ses implications dans la clinique actuelle, sur le plan théorique et pratique.
Quelle relation pouvons-nous établir entre le sujet de l’inconscient, en prise avec des pulsions et ses fantasmes, et le sujet désirant, ou encore le sujet barré et divisé chez J. Lacan? Quelle place a-t-il dans une société de plus en plus individualiste où se prône pourtant l’accomplissement de soi ? La subjectivation qui consiste à se réaliser en tant que sujet rejoint-elle ces notions ? Ou encore, qu’est ce qui fait d’un être un sujet sexué?
Notre société positionne l’individu de manière centrale et contradictoire dans une certaine idéologie à se réaliser, tout en le niant dans ce qu’il est. Les demandes d’arrêt de travail pour burn-out sont récurrentes, la sensation de perte de sens, d’être pris de vitesse, d’avoir de moins en moins de temps, de se perdre, revient comme un leitmotiv et conduit certains à des passages à l’acte.
Il semble nécessaire et paradoxal d’être dans le cadre, tout en étant original, en sortant du commun, dans des injonctions contradictoires : privilégier son bien-être et progresser en se dépassant, en se déplaçant, en tirant le meilleur partie de nous-mêmes. Ici, est-ce l’individu, produit de la société économique libérale, capable de créer de la valeur marchande, l’ego de l’ego-psychology ou le sujet qui est en jeu?
La notion de sujet reste donc très incertaine et se confronte à l’exigence d’être soi, elle pose une infinité de questions et nous débuterons par un extrait du dernier livre de Florian Henckel von Donnersmarck, « l’oeuvre sans auteur », puis un passage du livre d’Eva Illouz, « Pourquoi l’amour fait mal? » .

Le séminaire débutera le quatrième mardi de septembre, le mardi 24 septembre 2019 à 20h30

L’angoisse dans la pratique du psychanalyste

Séminaire proposé par Albert Maître

La clinique du sujet en souffrance se caractérise aujourd’hui, de manière élective, par l’incidence des agirs, des addictions et de la dépression qui, rappelons-le, est à entendre comme un travail de deuil impossible ou contrarié de l’objet.
Ces modalités cliniques ont en commun de permettre un évitement de l’angoisse, qui est la manière dont s’exprime la souffrance psychique, soit ce qui demeure en souffrance d’être dit du fait de l’immixtion pullulante des objets. Elles réalisent ainsi un court-circuit de l’énonciation, si bien que le signal que l’angoisse peut faire entendre sur les conflits ou les impasses du sujet demeure lettre morte.
Cette dimension de la signification potentielle de l’angoisse a été un apport freudien, alors que pour le discours médical, l’angoisse demeure une peur sans objet, relevant d’un traitement symptomatique dont on peut déplorer aujourd’hui les addictions qu’il occasionne.
Mais, l’angoisse se manifeste aussi dans la pratique de la psychanalyse. Elle peut être éprouvée autant par l’analysant que par l’analyste et sa méconnaissance peut engendrer des perturbations du cours de l’analyse, tels des passages à l’acte ou des acting-out. D’où la nécessité d’un retour sur la sémiologie de l’angoisse distinguant, une anxiété souvent méconnue parce que non dicible, d’une angoisse dont l’expression somatique devrait pourtant attirer l’attention et susciter une écoute avertie de son contexte énonciatif et de ses vicissitudes, car l’angoisse manifeste l’éprouvé d’un excès de jouissance que la parole n’a pu encore entamer et convertir en désir. Ainsi, serons-nous amenés à entendre l’angoisse, non pas comme une souffrance à éradiquer, mais plutôt comme une incitation à être réceptif à ce qui insiste à se faire entendre.
Bien entendu, les textes de Freud sur l’angoisse et le séminaire éponyme de Lacan seront des jalons dans notre cheminement de cette année.

Le séminaire se déroulera au salon Puy de la clinique du Grésivaudan 38700 La Tronche les : 18 novembre 2019, 16 décembre 2019, 20 janvier 2020, 17 février 2020, 16 mars 2020, 18 mai 2020.