Le Séminaire du GEPG

Le séminaire mensuel constitue un temps institutionnel où s’élaborent les incidences de la pratique sur la théorie et celles du lien social dans notre association. Si les discussions et lectures des textes aboutissent à des propositions de collaboration avec d’autres psychanalystes ou auteurs, c’est surtout du déplacement lié à la parole échangée dans ce dispositif que sont attendus des effets de transmission et d’enseignement.

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La problématique de la jouissance en psychanalyse

Séminaire proposé par Albert Maître

Alors qu’il insistait pour que l’homme aux rats lui révèle le contenu de son obsession, Freud remarquait sur son visage : « une expression complexe et bizarre, expression que je ne pourrais traduire autrement que comme étant l’horreur d’une jouissance par lui-même ignorée »1. Il s’agit donc d’un évènement du corps qui s’impose comme le soulignait Lacan sur le mode du constat : « L’inconscient, c’est que l’être en parlant, jouisse et, j’ajoute, ne veuille rien en savoir du tout »2.
La jouissance qui se révèle alors que le sujet parle de sa souffrance illustre la complexité du symptôme et le fait qu’il y tienne. Cette jouissance est-elle un obstacle au déroulement de la cure psychanalytique ou bien ne témoigne-t-elle pas d’une satisfaction devant la création du symptôme et ses effets de limitation sur l’angoisse ?
Pourtant, cette jouissance peut être ressentie douloureusement, lorsque dans les psychoses le sujet se plaint d’être l’objet de la jouissance de ses persécuteurs.
Ajoutons que l’expérience mystique témoigne d’une jouissance ineffable et infinie qui a pu évoquer celle qui serait propre à la dimension du féminin par opposition au caractère limité de la jouissance phallique.
Ainsi les questions que pose la notion de jouissance en psychanalyse méritent notre attention d’autant plus qu’elles concernent aussi la pratique du psychanalyste et la jouissance qui lui est inhérente.

1- S. Freud, Cinq psychanalyses, Paris, PUF, 1973, p.207
2- J. Lacan, Encore, livre XX, Paris, Seuil, 1975, p.95

Les lundis à 21h aux dates suivantes
15 novembre 2021, 17 janvier, 21 mars et 16 mai 2022
A Grenoble
(Salle à préciser l’information sera présente sur le site)
ou via Zoom si les conditions sanitaires l’exigent
Pour tout renseignement s’adresser à
albert.maitre @ gepg.org

La force de vivre

Séminaire proposé par Isabelle Carré

Les écrivains qui racontent des situations d’épreuves, de drames personnels ou historiques témoignent des capacités différentes à éprouver, traverser des situations de souffrance, de déstabilisation ou de confrontation à la mort.
Le nombre croissant de demandes de consultations des jeunes générations depuis mars 2020 m’a interrogée, en écho lointain, dans cette période inconnue de perte des repères habituels. Comment se confrontaient-ils au réel ? De quelle manière la parole circulait et tentait d’inventer ou se paralysait dans des positions de défiance, de déni, de repli phobique, de conflits, d’opposition. Le nombre d’étudiants qui ont abandonné leurs cours à la faculté est vertigineux, comme les situations d’angoisse et de panique, de conduites de résignation ou de révolte également, de rechute dans des addictions aux produits ou aux écrans.
Qu’est-ce que la psychanalyse peut apporter dans de telles situations où la vie semble perdre son sens, son rythme, dans ces moments de confrontation à l’indicible, l’inconnu, avec des périodes de face à face brutal et glaçant avec soi-même ?
Comment un travail d’écoute et de parole nous aide à penser le monde dans sa dimension tout à la fois absurde, aléatoire et tragique, et laisse s’exprimer une capacité de création, d’invention, d’improvisation, de résilience ? Parce que la résilience, pour Boris Cyrulnik, « ce n’est pas seulement résister, c’est apprendre à vivre ».
Nietzsche a développé le concept de l’amor fati, ou amour du destin, qui est une tentative d’appréhender cette force de vie, au-delà de toute transcendance religieuse et dans l’imminence la plus totale. C’est aimer le réel tel qu’il est, dans son caractère incertain, et dans une acceptation non passive, vers une pensée qui garde un horizon, ne cède pas au vertige du nihilisme, et laisse la capacité d’encore désirer. Nous confronterons sa philosophie à des textes plus contemporains.

Nous travaillerons d’abord sur un roman : Aké, les années d’enfance, de Wole Soyinka.
Puis nous enchaînerons avec le livre IV du Gai savoir de Friedrich Nietzsche, et nous échangerons autour de quelques films : Un héros de Ashgar Farhadi, The Gravedigger’s wife de Khadar Ayderus Ahmed, Une histoire d’amour et de désir de Leila Bouzid, et Face à la mer ainsi que Waves 98 d’Ely Dagher.

Le 1er mardi du mois à 20h30
A partir du 5 octobre 2021
A La Tronche 45 chemin des grenouilles
Pour tout renseignement s’adresser à
Isabelle.carre @ gepg.org