Die Echte Freude

Séminaire I-AEP sur la Passe 2008

En l’an de grâce 1307, sous le règne de Nyctamehrlust 1er, se tint à Paris un Grand Chapitre de la Confrérie des Bons Entendeursaluts. On y vint des quatre coins du monde et une oreille avertie entendit même parler patagon. L’heure était grave. L’influence de la Confrérie était en déclin, battue en brèche par de nouvelles pratiques d’écoute de la misère humaine qui promettaient de faire mieux, plus vite, moins cher et sans douleur. C’est pourtant ce moment que la Confrérie avait choisi pour enseigner ses membres sur la Passe. On nommait ainsi ce passage, dans ce travail d’écoute, où le parlant mute en entendant. Moment, tellement difficile à saisir et à en dire quelque chose, qu’un des frères Jacques dit Ronds-de-ficelle, avait inventé quelques décennies auparavant un dispositif pour en transmettre les effets. On peut s’étonner de l’actualité d’une telle préoccupation pour la Confrérie, alors qu’elle se trouvait dans la situation de la Ville éternelle assiégée par les Barbares. Certains esprits, peu charitables, laissaient entendre que se préoccuper ainsi de sa propre reproduction et imaginer pouvoir en produire un savoir transmissible était une manière de soutenir un fantasme d’éternité hors d’atteinte des turbulences du monde. On touche là le symptôme de la Confrérie et peut être son aporie. Sa passion pour le fantasme ne l’enfermait-elle pas dans un autisme létal ? Mais n’est-ce point là le propre de toute passion ? En savoir plus

Un psychanalyste à l’écoute de la Shoah

ou une métaphore personnelle pour dire la Shoah.

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« Quelle est l’oreille qui entend encore
Ce que les lèvres n’énoncent pas » (L. Aichenrand, Dos Broït Fun Tzaar (Le Pain de la Douleur, Tel Aviv, Peretz Farlag, 1964). cité par Rachel Ertel « Dans la langue de personne ». Seuil, 1993)
Sinon celle du poète ; et du psychanalyste peut-être

Les voix s’élèvent ces derniers temps pour dénoncer le trop plein de la Shoah dans les témoignages et dans la fiction. Est-ce une préoccupation morbide ou opportuniste, ou est-ce une nécessité interne de donner une expression à la trace que l’anéantissement des Juifs a creusée dans la subjectivité ? Mon expérience de psychanalyste me fait pencher pour cette deuxième éventualité : à travers des expressions imagées étranges, des failles dans la langue ainsi qu’à travers des rêves ou des symptômes, j’entends à la fois l’impact de l’horreur et la tentative de se le figurer. En savoir plus

Le passage à l’acte de l’analyse

ou les méprises du transfert
Journées de Lille des CCAF 2007

En dépit du silence dont les entoure la littérature psychanalytique, les entorses à l’éthique dans la pratique de la psychanalyse, sans être nombreuses, sont anciennes et répétées. Elles relèvent, de la part de l’analyste, d’une confusion entre sa fonction et sa personne et peuvent prendre toutes les formes dont peut se revêtir la demande d’amour.
Ce silence qui a entouré ces déviations semble avoir des motifs divers. Tantôt est invoqué l’inutilité de s’appesantir sur des situations particulières qui, du fait du passage à l’acte de l’analyste, ne relèvent plus de la psychanalyse mais de relations interpersonnelles ; tantôt c’est la crainte d’une publicité qui discréditerait la psychanalyse ou encore la difficulté que peuvent avoir les associations d’analystes à reconnaître qu’il n’y a pas de garantie absolue de la fonction analyste, bien que certaines d’entre elles fondent leur raison d’être sur la formation des analystes.

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« Quelle est l’oreille qui entend encore ce que les lèvres n’énoncent pas ? »

Poésie de l’anéantissement.

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Dans les premières rencontres de notre groupe de réflexion sur la Shoah, il y eut un malaise profond pour en parler : en avions-nous le droit, nous qui ne l’avons pas vécue, installés confortablement autour d’une table ? Et si oui, – pour comprendre et éviter d’autres anéantissements – comment en parler sans trahir les victimes, sans réduire sa portée, sans banaliser par le fait même de mettre des mots connus sur un cataclysme inouï ? En savoir plus

Introduction du colloque (GEPG du 7 mars 1998, à Grenoble)

La mémoire de l’horreur et sa transmission, actes du colloque du GEPG du 7 mars 1998, à Grenoble

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Nous voudrions partager avec vous le fruit de trois ans de réflexion sur la Shoah et les traumatismes. Notre groupe a commencé à se réunir à partir d’une intervention de l’un d’entre nous lors d’un colloque (non publié, Ariella COHEN : « Non Lieu de la Mémoire », conférence dans le cadre de la commémoration organisée par le cercle Bernard Lazare : « Le huit mai 1945, une victoire inachevée…? », Grenoble, 31 mai 1995) à propos du livre de Jacques Hassoun : « Non Lieu de la Mémoire » (Jacques HASSOUN : « Non Lieu de la Mémoire », Paris Bibliophane, 1990). Ce livre ainsi que le cas clinique qui l’accompagnait, d’une analysante de deuxième génération des rescapés, ont suscité un vif intérêt parmi les participants, qui se sont réunis depuis régulièrement pour réfléchir aux questions soulevées par la Shoah. En savoir plus